L'ESPACE PRESSE
Présentation de Bureau Veritas

Frank PIEDELIEVRE
Président du Directoire 

  Bureau Veritas est une société de services B2B spécialisée dans l’évaluation de conformité dans les domaines de la qualité, de la santé, de la sécurité et de l’environnement. Nous réalisons pour nos clients des prestations d’inspection, des tests, des audits techniques, nous certifions les systèmes de management, nous faisons la classification des navires. Nous réalisons de l’assistance technique dans le domaine du QHSE, nous dispensons également de la formation et nous reprenons une partie es activités faites par nos clients. Bureau Veritas compte maintenant 26 000 employés dans le monde, nous sommes présents dans un grand nombre de pays, au travers de 700 bureaux. Nous voulons devenir le leader dans les activités de services techniques et être un acteur de premier plan dans les marchés et les géographies principaux dans lesquels nous intervenons. Nous sommes présents sur la plupart des marchés présentant en intérêt pour nous. Bureau Veritas est organisée autour de huit businesses globaux :

·        La construction ;
·        L’industrie ;
·        La vérification des équipements ;
·        Le HSE (hygiène et santé, sécurité et environnement);
·        La certification ;
·        Le testing et l’inspection des biens de consommation ;
·        La classification des navires ;
·        Le commerce international et les services aux gouvernements.

D’un point de vue global, il convient de noter que l’ensemble des activités est équilibré sur l’année 2005. S'agissant de notre position sur les différents marchés, Bureau Veritas est le leader mondial sur l’activité dite d’industrie. Notre position s’est renforcée au cours des dernières années, en particulier dans l’industrie du pétrole qui a bénéficié d’investissements importants : notre croissance dans le pétrole, comme dans le gaz, s’établit à 25% par an. Nous occupons une position clé en France, au Royaume-Uni, en Espagne et en Australie. Quelques trous dans notre réseau doivent être notés : l’Allemagne, le Japon, la Chine. S'agissant de la vérification des équipements en service, nous sommes l’un des principaux acteurs en Europe, qui constitue le principal marché. Notre position est particulièrement forte en Espagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. De nombreux développements sont possibles dans d’autres pays. Nous sommes les leaders dans le domaine de la construction, nous occupons des positions clés en France, aux Etats-Unis et en Espagne. Notre croissance au Japon est rapide. Sur l’activité HSE, nous sommes présents dans trois pays principaux : la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, mais aussi au Brésil et en Australie. Dans le domaine de certification, nous occupons une position de leader mondial également, nous certifions environ 70 000 entreprises dans le cadre d’un réseau mondial : nous sommes présents dans une cinquantaine de pays. Dans la marine, notre position est particulière, notre activité est concentrée sur des bateaux techniques liés notamment au pétrole et au transport des passagers. Nos positions clés se trouvent en Chine en premier lieu, où la croissance est très forte. Dans les produits de consommation, la vague de délocalisations continue de porter cette activité. Elle s’est en effet orientée vers la Chine à la fois pour les tests et les prises de décision de sourcing de la grande distribution. La réorganisation de la Division est en cours, son centre géographique est modifié et passe des Etats-Unis à l’Asie. En ce qui concerne les services aux gouvernements, l’activité est stable voire en légère régression. En revanche, l’activité de commerce international, sur laquelle nous sommes peu présents historiquement, fait l’objet d’une stratégie de développement de niches sur plusieurs secteurs, notamment en Asie, en Amérique Latine et au Moyen-Orient.

Trois Divisions mondiales sont organisées de façon verticale (marine, commerce international/services aux gouvernements et biens de consommation). Les autres activités sont organisées en réseau mondial. Cette organisation s’explique par le fait que ces dernières présentent des possibilités de cross-selling importantes. Celles-ci sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses.

Les principales sources de croissance de nos métiers sont connues. Tout d’abord, nos services sont de plus en plus demandés par nos clients, qui souhaitent par ce biais développer leurs affaires en étant conformes aux standards et à l’ensemble des réglementations. Ces domaines sont en croissance en particulier dans les pays émergents où les réglementations ont tendance à converger vers des modèles semblables à ceux des pays les plus développés. Par ailleurs, la globalisation de l’économie génère une croissance du commerce international plus forte que celle du PIB des pays. L’émergence de l’Asie contribue également à notre développement. Nos clients harmonisent l’ensemble des vérifications concernant leurs produits et leurs activités, et demandent des services de plus en plus internationaux : nous sommes en mesure de fournir de tels services.

La consolidation de notre industrie constitue un facteur intéressant : les acteurs locaux et régionaux se consolident en effet, et les quelques acteurs mondiaux ont vocation à consolider ceux-ci. Une grande partie de nos activités est réalisée sur des revenus récurrents : citons par exemple la classification des navires, la certification… sur lesquels le business est très récurrent. Au final, le business récurrent représente probablement plus de la moitié de notre chiffre d'affaires.

I. Résultats financiers

Les différentes activités présentent une certaine hétérogénéité en terme de croissance du chiffre d'affaires au cours du premier semestre 2006. Les activités industrielles, de certification, ainsi que les activités relatives aux produits de consommation et à la marine ont été caractérisées par une croissance importante. Les services à la construction et les services HSE sont en faible croissance, principalement en raison de la consolidation d’acquisitions qui réduit le taux de croissance organique pendant quelques années. Notons également que l’activité services aux gouvernements sera en forte décroissance en 2006 en raison de la fin de grands contrats, au Venezuela par exemple. Au final, la croissance organique s’établit à 6% au titre du premier semestre.

Dans le domaine de l’industrie, le pétrole et le gaz sont des sources de croissance importantes pour nous. Dans le domaine de la vérification en service, la croissance s’établit à 6%-7% en France et en UK. En Espagne, nous mettons en œuvre un projet de croissance, ainsi qu’en Allemagne, en Italie et dans les pays centre-européens. Dans le domaine de la construction, le marché pour nos services croît de 10% en France. Au Japon, où le marché est encore petit, nous progressons de 30% par an. Les croissances sont intéressantes dans la péninsule arabique et dans les pays de la Mer Caspienne. Pour HSE, la croissance a été bonne aux Pays-Bas et en France. Enfin, nous pensons que les services HSE ont vocation à se développer sur la totalité de notre réseau.

Le marché de la certification se développe plus rapidement sur les très grands contrats. La croissance a été forte au Brésil, en Italie, en Espagne, en Chine, en Russie et en Inde. Pour la marine, l’année en cours est excellente et la croissance est la plus forte de toutes les activités de Bureau Veritas. Pour les produits de consommation, la croissance est au rendez-vous en Chine et en Inde. Il convient de noter que nous avons été peu présents dans le secteur électrique, mais nous nous y développons maintenant : notre réseau de laboratoires pour ces produits va s’étendre en Chine mais aussi dans d’autres pays européens. Dans le domaine du commerce international, nous considérons que les services aux gouvernements vont demeurer stables. Cela dit, nous estimons que de nouvelles offres peuvent être proposées, le contrôle par scanner et la formation des Douanes notamment.

En 2006, des acquisitions ont été réalisées, alors même que 2005 avait été à ce titre très riche. Plusieurs opportunités sont encore à l’étude, notamment en Asie. En Australie, quatre acquisitions ont été réalisées. Des opérations sont en cours en Amérique Latine, en Europe et en Chine. Nous entamons une revue du marché japonais.

Quelle est notre stratégie de croissance ? Notre marché offre de nombreuses perspectives. Dans l’industrie, nous voulons poursuivre notre expansion géographique, les perspectives de croissance existent sur les pays européens, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Corée, l’Australie, le Brésil et la Turquie. De surcroît, nous voulons nous développer dans l’Asset Integrity Management. Les marchés autour du nucléaire font toujours l’objet de notre attention, un projet est en cours à ce titre en Finlande. S'agissant de la vérification des équipements, nous voulons construire des plates-formes nationales en Europe, aux Etats-Unis et en Australie. De nouveaux produits seront créés (efficacité énergétique des bâtiments par exemple). Nous avons l’ambition de servir les grands comptes internationaux dans le domaine de l’installation électrique et dans le domaine des équipements de pression et de levage. Dans la construction, nous continuons à nous développer dans les pays dans lesquels nous sommes présents et, en parallèle, nous comptons nous développer dans des marchés émergents par le biais de joint-ventures.

En ce qui concerne les services HSE, nous avons à développer une offre commerciale dans les pays où nous demeurons modestes (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Brésil, Australie). Les marchés sont des marchés de Grands Comptes, et sont liés à l’énergie et au pétrole. Les contraintes environnementales croissent de plus en plus. Dans le domaine de la certification, l’année 2006 a été très bonne et nous nous atteignons la taille critique dans les marchés où nous ne sommes pas dominants : il s’agit des Etats-Unis, du Japon, de la Chine, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Ce marché est caractérisé par une spécialisation par activités et marchés. De nouveaux schémas de certification se développent dans l’aéronautique par exemple, ce qui constitue des opportunités pour nous.

Dans les biens de consommation, nous voulons nous développer davantage en Chine, en Inde, en Allemagne et au Royaume-Uni. Des marchés intéressants existent autour du cycle des produits et autour de la réglementation sur les substances dangereuses. Nous sommes très présents sur le marché américain, et nous devons donc protéger notre position. Sur le marché de la grande distribution en Europe, nous sommes le n°4 du marché. Et nous voulons être plus proches des fournisseurs chinois qui s’installent de plus en plus à l’Ouest du pays.
En ce qui concerne la marine, nous renforçons notre présence en Chine. Nous devons prendre position rapidement sur de nouveaux marchés comme le Vietnam et l’Inde. Des efforts d’investissement sont consentis sur les tankers, les transporteurs de gaz, les unités off shore, et les navires à container.

Nous avons décidé d’être davantage agressifs sur le développement de services dit de commerce international dans le domaine de l’automobile, dans l’agrifood et dans le domaine des minéraux. Nous pensons que dès 2009, ces activités contribueront substantiellement au revenu de Bureau Veritas.

Nous poursuivons notre recherche systématique d’opportunités d’acquisition pour renforcer des positions locales (principalement dans les pays où nos positions sont trop faibles). Les cibles de petite ou de moyenne taille sont très nombreuses les opportunités de grande taille sont beaucoup plus rares. Nous faisons en sorte que les acquisitions contribuent à la valeur de l’ensemble, soit par l’accès à des marchés nouveaux, soit par l’accès à des compétences techniques qui nous manquent.

La part des grands contrats augmente, ce qui nécessite des investissements lourds dans les équipes qui leur sont dédiées, ces équipes étant en train d’être disséminées dans l’ensemble des grands pays. Il faut répondre à cette tendance forte du marché notamment en y consacrant les outils informatiques suffisants et une organisation des réseaux efficaces. Nous développons des outils pour émettre nos rapports plus rapidement, sans recourir au papier, ce qui contribue à l’amélioration de notre efficacité opérationnelle. Face à ce que nous appelons la « commoditisation » de certains services,  nous menons en permanence des réingineering de processes, et nous optimisons notre réseau fixe dans un souci de la meilleure efficacité. Toutes les acquisitions que nous avons menées peuvent peser sur la croissance organique pendant quelques années, voire nous réserver de mauvaises surprises. Nous améliorons donc nos processus au fur et à mesure des expériences afin d’éviter justement les mauvaises surprises. Les processus afférents aux acquisitions sont systématiquement structurés.

II. Résultats financiers

La croissance a été très forte depuis 1995 et en 2006, le chiffre d'affaires dépassera 1,8 milliard d’euros. L’EBIT sera supérieur à 260 millions d'euros. Au titre du premier semestre, l’EBITA a été en croissance de 15%. En 2007, nous espérons que le chiffre d'affaires dépassera la barre des deux milliards d'euros, et nous pensons que la croissance organique sera supérieure à 6%. L’EBIT avoisinera les 15%, 100 à 150 millions d'euros seront consacrés aux acquisitions.
 
III. Questions/réponses

Faites-vous face à des différentiels de marge importants entre les Divisions ? Envisagez-vous de vous désinvestir de tel ou tel sous-type de métiers ?

Frank PIEDELIEVRE

Les marges ne sont pas si différentes que cela les unes des autres. Aucune unité n’est réellement sous-performante. Les unités qui ont pu être sous-performantes lorsque de nouveaux produits apparaissent et qu’il faut investir commercialement pour les lancer retrouvent, après quelques années, une rentabilité de l’ordre de 20%. Nous n’avons pas de réels projets de désinvestissement en conséquence, il n’y a pas de projet de cession, considérant que toutes nos activités présentent une capacité de progression importante.

Vous attendez une croissance organique de 6% en 2007, alors que SGS escompte une croissance à deux chiffres. Quelle est la raison de ce différentiel ? En outre, vous vous focalisez sur les petites acquisitions : cela signifie-t-il que les moyennes acquisitions sont peu nombreuses ? Quels sont les objectifs que vous vous fixez, en termes de ROI, lorsque vous procédez à des acquisitions ?

Frank PIEDELIEVRE

Notre croissance organique est, historiquement, de l’ordre de 8% : elle nous convient assez bien. Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur des acquisitions locales, créatrices de valeur, sur des secteurs particuliers. Nous avons estimé qu’il était plus pertinent d’acheter de petites entreprises, et, au vu de nos résultats, nous ne nous plaignons pas. Nous nous sommes concentrés sur des acquisitions d’entreprises présentant un chiffre d'affaires compris entre 25 à 30 millions d'euros. Cela constitue selon nous le moyen le plus efficace pour créer de la valeur.

Jean-Bernard LAFONTA

Bureau Veritas est en mesure de générer un deal flow régulier d’opportunités de petite dimension, ce qui constitue une de ses forces : cela fait partie intégrante de sa stratégie depuis une dizaine d’années.

Quel est le niveau d’EBITDA par action ? En clair, quel est la rentabilité de l’investissement pour l’actionnaire.

Jean-Bernard LAFONTA

Pour l’actionnaire qu’est WENDEL, la rentabilité de l’investissement est supérieure à 30% par an.

Vous portez un intérêt réel au secteur de l’alimentation : êtes-vous intéressés par la seule industrie agro-alimentaire ou, également, les produits agricoles ?

Frank PIEDELIEVRE

Nous intervenons dans le secteur agro-alimentaire, mais aussi sur le secteur des produits agricoles. Pour autant, nous le faisons de manière assez faible, même si notre position est réelle dans certains pays, dont la France. Notre présence dans le domaine purement agricole est donc relativement faible. Nous regardons ce secteur actuellement pour développer des niches sur certains produits et dans certains pays. Nous ne pensons pas développer un réseau de laboratoires important dans ces domaines, étant donné qu’il faut avoir de véritables plates-formes et des volumes d’activité très élevés. Cela n’est pas le cas pour notre part, nous préférons nous concentrer en conséquence sur des activités à plus forte valeur ajoutée pour nous.

WENDEL a prélevé dans vos comptes une somme de 150 millions d'euros au titre des dividendes exceptionnels. En parallèle, votre croissance organique a été moindre, comme votre croissance externe. Cela signifie-t-il que votre business model a vécu ?

Frank PIEDELIEVRE

En 2006, la croissance organique a été légèrement moindre que d’habitude en raison des déceptions rencontrées sur l’activité de Services aux Gouvernements. Si nous n’avons pas fait davantage d’acquisitions, c’est parce que nous n’avons pas pu conclure favorablement sur les dossiers qui faisaient l’objet de notre attention, mais nous comptons bien mener de nouvelles acquisitions à l’avenir. Pour tous les autres secteurs, cela dit, la croissance organique a été très bonne. Enfin, le prélèvement de 150 millions d'euros fait par WENDEL ne nous handicape pas du tout.

Le deal flow va-t-il marquer un temps d’arrêt ?

Frank PIEDELIEVRE

Non, au contraire, il a tendance à grandir. Il est vrai en revanche que la compétition sur les acquisitions a tendance à prendre de l’ampleur, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Jean-Bernard LAFONTA

La capacité à consolider le marché, comme le fait Bureau Veritas au travers d’acquisitions de petite taille, reste totalement intacte. Les petites opportunités sont en effet nombreuses, d’autant que les trois principaux acteurs ne représentent que 30% du marché mondial. Bureau Veritas a les ressources pour contribuer à la consolidation du marché.

Pourriez-vous revenir sur l’opération Germanischer Lloyd ?

Frank PIEDELIEVRE

Cette opération a été initiée par des actionnaires de Germanischer Lloyd, qui nous ont contactés car ils souhaitaient se désinvestir de cette entreprise. Elle faisait suite à des contacts très anciens que nous entretenons avec le management de Germanischer Lloyd, que nous avons donc approchés à de nombreuses reprises. Mais le management de Germanischer Lloyd a toujours souhaité rester indépendant, nous n’avons pas pu conclure. L’offre que nous avons remise correspond à la valorisation que nous faisons de l’entreprise qui, je le rappelle, communique peu sur son chiffre d'affaires et son EBIT. Nous pensons que son EBIT s’élève à 17% environ. Il faudra regarder quel est son carnet de commandes, mais nous croyons savoir qu’il est très bon. Il s’agit d’une société rentable, des synergies sont possibles avec Bureau Veritas. Cette acquisition nous offrirait par ailleurs une réelle ouverture en Allemagne où nous sommes insuffisamment présents. Cette opération est néanmoins difficile, car l’indépendance du management de GL est très forte. A la fin de l’année, nous saurons si les actionnaires sont déterminés à vendre, ou si le management les aura convaincus de l’intérêt d’un autre projet alternatif.

Quels sont vos projets de développement dans le domaine du nucléaire ?

Frank PIEDELIEVRE

En France, nous sommes présents dans le nucléaire de longue date. Actuellement, de nouveaux projets voient le jour – en Espagne par exemple, mais aussi en Finlande. Nous croyons que ce marché est potentiellement important, et va prendre de l’ampleur au cours des prochaines années. Pour y accéder, il faut avoir les compétences techniques et les certifications, afin que nous puissions être retenus pour pouvoir entrer dans les centrales.